Madiba, Nelson Mandela, s’est éteint hier. Facebook, la télévision, le monde entier résonnent des innombrables hommages qui lui sont rendus. Je n’ai pas la prétention de vouloir ajouter ma prose au concert général, je n’apporterai rien au torrent de regrets et de louanges. Je souhaite juste partager ce que cela m’inspire à l’instant présent.
Ce matin, j’ai écouté Bono parler de Madiba (au passage, quel communicateur ce Bono !). Ce que je retiens de Mandela à travers tout ce que j’ai entendu, c’est sa profonde humanité. Il s’est reconnu comme humain, au sens où il était un représentant de l’humanité comme espèce unique, au même titre qu’un blanc. Cela me dit que nous avons tous et toutes notre place sur Terre, que notre appartenance au genre humain nous confère à toutes et tous la même valeur. Cela m’apprend que la seule façon d’être pleinement humain(e) c’est de se reconnaître comme frère ou sœur de l’autre, et de l’accepter comme un(e) alter ego.
Humain, Mandela l’est resté une fois sa révolution accomplie. Après avoir subi la souffrance infligée par les blancs, il a connu le pouvoir. Il a su pardonner à ses bourreaux, et préserver ses semblables de la tentation de la vengeance. Après avoir imposé aux blancs d’accepter les noirs comme leurs frères, il fallait imposer aux noirs d’accepter les blancs comme leurs frères. Je vois là un double ancrage dans ses convictions profondes : l’ancrage qui lui a permis de mener la lutte, et l’ancrage qui lui a permis de pardonner et d’achever la révolution dans la paix et l’unité.
C’est aussi cet ancrage dans sa qualité d’humain qui a permis à Madiba de rester simple, malgré les honneurs et la gloire. Il n’a jamais oublié qu’il était un homme comme les autres, qui aimait rire et plaire. Il me dit que je ne dois pas avoir de timidité à parler à quelqu’un que je me représente comme important, si je n’oublie pas que nous sommes simplement deux humains. Il me dit aussi que je dois écouter chaque personne, parce que ce que chacun(e) a à dire est important. Si l’on garde la conscience que nous sommes une partie d’un tout, le genre humain, alors il est plus facile de faire abstraction des oripeaux sociaux dont nous nous affublons, pour aller rencontrer des âmes dans la vérité de leur plus simple appareil.
Alors merci Madiba. Ce qu’il y a de bien avec un grand homme, c’est que même quand il meurt, il nous apporte encore quelque chose. Madiba me montre le chemin vers l’ouverture, l’acceptation de l’autre, l’amour au sens large. Avant-hier je n’y pensais pas, mais aujourd’hui, la mort de Madiba est comme une mise en lumière de ces valeurs dans les événements de ma vie au travers de tout ce que j’ai reçu en arrivant ici. Le meilleur hommage que je pourrai lui rendre est d’agir dans ma vie en y restant fidèle.